Amis à poils, amis sans poil, bonjour !

Devant le nombre de commentaires concernant l’article sur le deuil animal, je me suis dit qu’un article sur l’euthanasie serait malheureusement le bienvenu car beaucoup d’entre vous y ont été confrontés. Et ce sujet me touche, car oui, comme vous, je suis passée par là. Ma Fonfon a du être euthanasiée.

L’euthanasie : une facilité, une possibilité, une nécessité

 

Il y a des souffrances utiles qui mènent vers la guérison et des souffrances inutiles, celles qui résultent d’un échec thérapeutique ou d’un accident de la vie.

Quand on ne peut plus rien faire, plus rien sauver, il faut se l’avouer et envisager l’euthanasie comme une possibilité, voir une nécessité. Ça peut prendre du temps de l’accepter. Par exemple, Fonfon ma lapine s’est fracturé le bassin. On m’a proposée l’euthanasie. C’était une possibilité. J’ai refusé. J’ai jugé que la douleur était passagère, qu’elle serait prise en charge et que le handicap n’est pas une raison suffisante pour tuer un animal. J’ai eu raison, ma lapine s’est très bien adaptée à son amputation.

Certains aurait opté pour l’euthanasie mais ça équivaut pour moi et dans ce cas là, à une euthanasie de facilité. On ne veut pas voir son animal souffrir même s’il peut guérir, c’est plutôt un soulagement qu’il nous quitte. Un peu de courage ! Ce n’est qu’un sale moment à passer.

Il y a également les euthanasies de facilité style « Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage ». Certains maîtres n’hésitent pas à abuser de l’euthanasie de facilité en évoquant l’âge avancé, l’agressivité ou la maladie de leur animal alors que celle-ci n’est pas invalidante. Souvent avant les vacances… Le pire reste pour moi la portée de chiots ou de chatons non désirée que l’on vient faire abattre. Pour moi, c’est très clair, on euthanasie un animal qui souffre et qui souffrira toujours ou bien qui aura un confort de vie indigne. Pas dans les autres cas.

fonfon-lapine

Il y a quelques jours, Fonfon a souffert d’un syndrome vestibulaire extrêmement handicapant. La possibilité de l’euthanasie a été évoquée mais c’était trop tôt. J’ai un très grand respect pour la vie. Je suis végétarienne, mes animaux occupent une place centrale, je m’en occupe beaucoup, je ne veux donc pas leur donner la mort. J’ai préféré aller jusqu’au bout du processus thérapeutique afin d’espérer une récupération. Ma lapine était en clinique, elle souffrait d’avoir le corps abimé et du stress de ne pas être chez elle. Mais j’avais de l’espoir. Après plus d’une semaine de soins, son état se dégrade, il n’y a plus rien à faire. Elle souffre et ne récupérera jamais la marche ou le mouvement. Mon véto n’est pas revenu avant vers moi pour évoquer l’euthanasie car il sait que j’y suis plutôt réticente et que je n’étais pas prête. Et c’est vrai, je ne l’étais pas. Je ne pouvais pas me dire pour de vrai, concrètement : Oui, je vais tuer Fonfon, lui donner la mort. Mais il a fallu le faire. J’ai changé mon discours, il fallait lui offrir une mort douce et digne. L’euthanasie, là, est bien une nécessité.

Retrouvez la vie de Fonfon dans cet article.

Euthanasie : définition et procédé

 

euthanasie chien

Comment se passe une euthanasie ? Tout dépend de la situation, de l’animal et de sa taille. Il y a différentes techniques mais en gros, il y a injection d’analgésiques en intramusculaire ou par cathéter pour endormir puissamment l’animal, comme pour une anesthésie de chirurgie. Ensuite il y a l’injection mortelle de barbiturique. L’injection peut-être intra-cardiaque, intra-pulmonaire ou intra-abdominal. Quelque fois il faut faire vite ou quelquefois pour les très grands animaux comme les chevaux, on ne fera que l’injection fatale, tout dépend du vétérinaire.

Combien de temps ça prend ? Tout dépend de l’euthanasie et de l’animal. Le vétérinaire vous laissera dire au revoir à votre animal. Il reviendra procéder aux injections. La mort intervient une à deux secondes en intra-cardiaque et plusieurs minutes avec analgésiques et barbituriques en intra-abdominale. Vous n’êtes pas obligé d’assister aux injections si c’est trop dur pour vous. Le vétérinaire vérifie que le cœur ne bat plus, que l’animal est cliniquement mort puis laisse un peu l’animal et le maitre ensemble, s’il est présent. Et c’est fini.

Euthanasie : ce que l’animal ressent

 

faire le deuil de son chien

Je ne sais pas. Je pense qu’il ne souffre pas. On l’anesthésie comme pour une opération et ce n’est pas douloureux. Pour le reste de la procédure, l’animal ne sent plus rien. S’il présente des mouvements ou un vomissement, ce n’est pas qu’il est conscient, ce sont des réflexes, c’est tout.

Euthanasie : ce que le vétérinaire ressent

 

Comme tout individu, cela doit différer en fonction de la vision que le vétérinaire a des animaux, de son métier. Mais cela le confronte aussi à son rapport à la mort. Donner la mort au lieu de soigner, c’est dur. Et comment ne pas se laisser dévaster par la détresse des clients et la souffrance d’animaux que l’on connait bien ? Le vétérinaire ne doit pas encaisser la douleur de ses clients à leur place, il doit se mettre à l’abri, rester le « Docteur » pour faire des gestes techniques précis et pouvoir continuer son métier sans trop morfler. Le vétérinaire peut éprouver de l’empathie mais jamais de la sympathie.

Je citerais pour illustrer mon propos l’excellent blog Boule de fourrure écrit par un vétérinaire intelligent et sensible.

Et voici quelques articles qui vont vous intéresser et vous émouvoir :

> Donner la mort.

> La valeur de la vie.

> Soigner parcequ’il le faut ?

Euthanasie : ce que le maître ressent

 

enterrer chat

De la tristesse et presque toujours une forte culpabilité. Le maître est dans un tourbillon de pensées, de douleur et de doutes : que veut mon animal ? Qu’est-ce que je veux moi ? Est-ce bon choix ? Suis-je coupable ?

Mon ressenti et mes conseils

 

Après avoir vécu cette terrible expérience, j’en ai tiré quelques leçons :

Écoutez vous. Si, pour vous il y a encore de l’espoir, si vous n’êtes pas prêt, attendez un peu. C’est vous et votre vétérinaire qui décidez du processus thérapeutique. N’écoutez pas les autres. C’est votre choix.

► Écoutez votre animal. Vous êtes celui qui le connaissez le mieux. Cherchez dans son regard et ses mouvements ce qu’il veut vous dire. Il se peut aussi qu’il n’ait rien à vous dire. Dans tous les cas accompagnez-le, rassurez-le, venez le voir s’il est hospitalisé.

► Faites un choix éclairé. Renseignez vous sur les autres alternatives thérapeutiques, prenez en compte la durée du traitement, son coût, votre capacité à voir votre animal malade, ses chances de guérison partielle ou totale. Puis alors seulement décidez-vous. Décidez vous quand tout sera au clair dans votre tête, que l’idée fera sens, sera acceptable.

► Entourez-vous uniquement de personnes qui vous comprennent. L’expérience est déjà assez dure alors pas la peine d’en rajouter. Les « Ce n’est qu’un lapin », « tu rachèteras un autre chien » ne risquent pas de vous aider. Vous reverrez ces amis là plus tard.

► Libérez vous de votre culpabilité. Si vous avez fait un choix éclairé, c’est que c’est le bon choix, inutile de se complaire dans la culpabilité. Autant garder ses forces et les réserver au courage de faire face à la situation.

► Préparez-vous. Demandez à votre vétérinaire comment cela va exactement se passer : quelle méthode, quels médicaments seront utilisés, combien de temps cela va t-il prendre, est-ce que ce sera choquant ou paisible. C’est un conseil très important, vous aurez la sensation de maitrisez les choses, de participer activement aux derniers soins de votre animal. Vous ne faites pas que donner la mort ou subir sa mort, vous l’aider à s’en aller dignement.

► Pleurez avant, pleurez après mais pas (trop) pendant. Pas pendant les visites pour voir votre animal ou pendant l’euthanasie. C’est dur ? Oui, c’est dur. Pourquoi ? Si vous étiez malade, préfériez-vous à vos côtés quelqu’un qui pleure et vous angoisse  ou quelqu’un qui vous caresse et vous rassure ? Soyez présent et aimant mais ne rajoutez pas du stress à votre animal. Si vous ne pouvez-pas, que c’est au dessus de vos force, n’assistez pas à l’euthanasie. Vous en avez le droit et ça peut-être mieux pour vous et votre animal.

► Occupez-vous des autres. Ce n’est pas parce qu’un animal ne répond pas à l’appel qu’il faut négliger les autres. Occupez-vous d’eux comme d’eux d’habitude, ni plus, ni moins. Vous pouvez leur expliquer la situation s’ils semblent perturbés. Ils vous donneront la force de continuer.

► Pensez au futur et visualisez le de façon apaisante. Qu’avez vous-prévu à plus ou moins long terme après l’euthanasie ? Allez-vous enterrer votre animal, l’incinérer ? Qu’allez vous faire du corps ? Visualisez un endroit et des funérailles paisibles. Et vous, après, allez-vous voir des amis, préférerez-vous rester un peu seul ? Ecoutez-vous.

► Pendant toute cette période mais également après, mangez, dormez, prenez soin de vous. Cette épreuve a malmené votre corps, votre appétit, votre sommeil, votre moral. Vous êtes épuisé alors pensez à vous. Mangez tout ce que vous aimez. Vous êtes au régime ? Pas grave, les basses calories attendront quelques jours. Un peu de chocolat, un gâteau, une bon morceau de fromage avec un excellent verre de vin, voilà ce qu’il vous faut. Si vous en avez-les moyens, octroyez vous un massage ou quelque chose qui vous fasse du bien. Reprenez des forces auprès de ceux que vous aimez, animaux ou humains. Revenez dans l’action, revenez dans la vie en douceur.

► Acceptez que le deuil soit douloureux et long mais ne désespérez pas. Le deuil se fait en plusieurs étapes, pas la peine de se presser. Retrouvez mes conseils pour faire le deuil de son animal dans cet article.

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Pour finir, je dirais que la vie est un jeu dont nous ignorons les règles. Nous les apprenons au fur et à mesure et nous en découvrons trois : vivre, c’est aimer, souffrir et perdre. Perdre notre temps, nous-même, nos amis, nos amours, nos parents, nos enfants. Et nos animaux. Le jeu se finit toujours sur un échec et mat. A partir de ce moment, quand on a compris ça, on peut jouer pour le plaisir en espérant gagner quelques parties. L’euthanasie nous rappelle tout ça, nous confronte à la brutalité et au calme absolu de la mort. Mais il reste d’autres partenaires de jeu dont nous devons nous occuper. Ceux que l’on perd se sont battus et ont gagné notre amour éternel, ils restent dans nos coeurs. 

euthanasie chat

Je vous souhaite à tous beaucoup de courage et je pense à vous.

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Un commentaire

  1. Zoelia dit :

    Pas facile d’évoquer ce sujet… en tout cas merci pour cet article très complet

Laisse un commentaire mon mignon, fais pas le timide !